Plateforme de phénotypage pour l'étude de la vulnérabilité des populations prairiales à un extrême climatique de type sécheresse à l'UREP (Unité de Recheche sur l'Ecosystème Prairial). Mesures de croissance sur les bacs, hauteurs, longueurs des talles. © TOILLON Sylvie

Le métaprogramme ACCAF

Jean-Marc Guehl présente le métaprogramme Adaptation au changement climatique de l’agriculture et de la forêt.

Trois questions à Jean-Marc Guehl en charge du métaprogramme Adaptation au changement climatique de l’agriculture et de la forêt.

Mis à jour le 15/02/2013
Publié le 15/02/2013

Jean-marc Guehl à Clermont-Ferrand en octobre 2010. © © Florent GIFFARD
Jean-marc Guehl à Clermont-Ferrand en octobre 2010. © © Florent GIFFARD
Comment a été conçu le contenu de ce métaprogramme ?

Tout comme le colloque "Adaptation au changement climatique de l’agriculture et des écosystèmes" (ACCAE) organisé en 2010, la réflexion scientifique à l’origine du métaprogramme ACCAF a largement bénéficié des conclusions de l’atelier de réflexion prospective Adage qui a identifié les recherches nécessaires à l’adaptation au changement climatique des milieux gérés par l’homme. Le métaprogramme est une mise en œuvre de ces conclusions dans les domaines pris en charge par l’Inra et ses partenaires du groupe thématique "Changement global et climat" de l’alliance AllEnvi. En facilitant le dialogue entre les disciplines, il constituera un cadre cohérent pour les différents projets à moyen terme liés à la thématique de l’adaptation au changement climatique de l’agriculture et de la forêt. 

Quels sont ses objectifs ?

La mobilisation de plusieurs disciplines sur le thème de l’adaptation va nous permettre de couvrir un large spectre des problématiques posées par l’adaptation au changement climatique. On peut citer la gestion des extrêmes climatiques. En effet, on sait maintenant que la canicule de 2003 et la tempête de 1999 ont provoqué des dysfonctionnements dans certains écosystèmes comme les forêts de hêtres ou les prairies. Il faut donc évaluer les risques en cas de crises et définir des stratégies pour en réduire l’impact car elles pourraient devenir plus fréquentes à l’avenir. En plus des efforts indispensables sur l’amélioration génétique des espèces animales et végétales pour des caractères complexes comme la sécheresse ou l’utilisation du CO2, des études socio-économiques renforceront les capacités d’adaptation des systèmes de production et des filières. Dans cette optique, des modèles climatiques de meilleure résolution spatiale seront nécessaires afin d’élaborer des scénarios à l’échelle régionale. D’autres questions de recherches appellent au contraire à des visions plus larges. 

Quelle sera justement l’importance des partenariats internationaux dans le métaprogramme ?

Le métaprogramme ACCAF fera pleinement partie de l’initiative européenne de programmation conjointe "agriculture, sécurité alimentaire et changement climatique", initiée par la France et le Royaume-Uni, qui vise à coordonner les programmes nationaux de recherche. D’autres liens seront tissés au niveau international. Au-delà de la rationalisation des efforts de recherche entre États-Membres, la dimension européenne constitue aussi souvent la bonne échelle d’analyse pour comprendre les phénomènes. Certaines dynamiques de la vie comme les flux de gènes, la migration des espèces ou la progression des bioagresseurs n’apparaissent bien qu’à l’échelle continentale. Les partenariats internationaux fournissent aussi une vision prédictive intéressante. On sait par exemple que le climat méditerranéen aura tendance à s’étendre vers le Nord et l’Ouest. Les études sur ce climat peuvent donc nous permettre d’anticiper les futures conditions de cultures et les capacités d’adaptation de certaines zones françaises. Il est donc indispensable d’intensifier nos partenariats afin notamment de valoriser tous les réseaux d’observatoires environnementaux sur le long terme présents en Europe et dans le monde.
 

En savoir plus

  • Adage : Atelier de réflexion prospective ANR sur l’adaptation de l’agriculture et des écosystèmes anthropisés, 2009-2010, coordonné par Jean-François Soussana, membre du GIEC, directeur scientifique Environnement à l'Inra
        
  • Ilter : réseau international d'études à long terme en écologie, un exemple de réseau mondial d'observation, formé d'un réseau de réseaux régionaux, dont l'Europe et la France.