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Verger de pommiers protégé par des filets anti-grèle à l'Unité Expérimentale Recherches Intégrées de Gotheron (UERI). © © INRA, SLAGMULDER Christian

Changement climatique : 10 projets de recherche évaluent des pistes pour s’adapter

Mis à jour le 31/01/2018
Publié le 11/01/2018

Comprendre les effets du changement climatique sur l’activité agricole et forestière pour mieux s’y préparer. Tel est l’objectif des travaux de recherche conduits dans le cadre du métaprogramme ACCAF - Adaptation au changement climatique de l’agriculture et de la forêt. La hausse des températures et les sécheresses impacteront les élevages ainsi que la quantité et la qualité des produits récoltés. Retour sur dix projets qui révèlent la nécessité d’une adaptation progressive ou de réels changements en profondeur.

S’adapter et adapter des systèmes agricoles complexes

L’adaptation aux contraintes ou aux opportunités liées au changement climatique s’applique à différents objets et à différentes échelles : l’individu (la plante, l’animal), la population ou l’agroécosystème, la parcelle, l’exploitation agricole, le territoire ou encore la filière complète. Selon les échelles, les acteurs impliqués sont plus ou moins nombreux tout au long de la chaîne de valeur, de l’éleveur ou de l’agriculteur aux consommateurs, des gestionnaires de territoires aux responsables de politiques publiques, des professionnels du secteur au citoyen.

S’adapter de la saison en cours jusqu’aux siècles prochains

Lorsque le système à adapter est choisi, se pose la question de l’échéance temporelle à laquelle se projeter, afin de garantir la production. Quelle tactique adopter pour faire face à un évènement extrême ? Doit-on envisager des investissements qui ne seront amortis qu’à moyen terme pour faire face aux conditions climatiques du milieu du siècle prochain ? Ou encore, faut-il envisager de changer profondément l’occupation du sol et imaginer comment réorganiser des filières agricoles entières ?

Afin d’apporter des pistes de réponse à ces questions très pragmatiques, le métaprogramme ACCAF a mené des travaux de recherche sur différentes formes d’adaptation qui dépendent à la fois de la perspective à court, moyen ou long terme et de l’ampleur des évolutions possibles du climat. Évidemment, la pertinence de ces questions dépend beaucoup du cycle de vie propre à chaque culture (différences entre une culture annuelle comme le blé ou des plantes pérennes comme la forêt et la vigne) et de la résilience des systèmes, c’est-à-dire de leur capacité à revenir à un état normal après avoir subi un choc ou une perturbation.

Faire face, ajuster ou transformer les systèmes

L’adaptation peut alors prendre trois dimensions différentes, traitées par l’un ou l’autre des projets soutenus par le métaprogramme :
•    faire face aux aléas et aux évènements climatiques extrêmes comme les vagues de chaleur (PIGCHANGE, CLIMAGIE) ou les sécheresses (CAQ40), de manière réactive et tactique lorsqu’un accident climatique perturbe l’élevage ou la phénologie de la culture (PERPHECLIM) ;
•    ajuster les systèmes biologiques et les pratiques propres au système ; travailler par exemple sur l’amélioration de la résilience des systèmes aux accidents climatiques (CLIMAGIE, FARMATCH) ou aux maladies (CLIF).
•    transformer les systèmes, changer les objectifs, réorganiser spatialement les productions (FORADAPT), déplacer les filières (LACCAVE), repenser l’organisation et les productions au sein des territoires (AICHA, VIGIE-MED).

Nature de l’adaptation en fonction de l’étendue des conditions climatiques déjà expérimentées et du degré de modification du climat attendu (adapté d’après Thornton, 2014). © Inra
Nature de l’adaptation en fonction de l’étendue des conditions climatiques déjà expérimentées et du degré de modification du climat attendu (adapté d’après Thornton, 2014) © Inra

Des avancées scientifiques majeures

Les résultats acquis par ces 10 projets illustrent les avancées scientifiques acquises dans ces différentes formes d’adaptation, sur des objets aussi différents que l’élevage des porcs, la filière vigne et vin, la forêt, les maladies des grandes cultures ou encore l’exploitation agricole, le territoire de l’arrière-pays méditerranéen ou l’agriculture irriguée en Inde. Certains projets ont ciblé les leviers de résilience pour faire évoluer les agro- ou éco-systèmes, en travaillant par exemple la diversité intra ou inter espèces (CLIMAGIE, FORADAPT). Enfin, des avancées scientifiques majeures ont été réalisées sur l’impact des aléas climatiques sur la qualité des productions et des semences (CAQ40, LACCAVE), essentielle pour notre alimentation.